Préambule

Publié le par mpaalger

Le présent projet de programme a été  élaboré sur la base d’évaluations des attentes de la société et de segments importants de la population. Il tient compte aussi bien du quotidien des citoyens que des contraintes objectives tant endogènes qu’exogènes auxquelles fait face le pays, et s’inspire d’études affinées et élaborées, qui intègrent l’ensemble de ces contraintes.

En effet, s’il est essentiel de cerner les attentes et de leur proposer des réponses, il est tout aussi important d’évaluer les moyens disponibles pour ce faire et d’apprécier les marges de manœuvre dans leurs réalités. Il prend son essence dans la philosophie et la politique générale du parti et en constitue le prolongement naturel en ce sens que toutes les propositions et les orientations qu’il contient répondent au postulat que l’UDR a fait sien : entre les politiques du tout ou du rien, il y a la politique du possible.

Ce programme n’a toutefois pas comme objectif d’aligner des mesures précises concernant chacun des secteurs de la vie et de l’activité nationales. Un tel travail, indispensable au demeurant, se fera en temps voulu, lors d’échéances où le MPA aura la possibilité de faire connaître l’ensemble de ses propositions en s’adressant directement aux citoyens au cours de rendez-vous prévus à cet effet.

Le présent document consacre une philosophie, une politique et une vision, desquelles découlent des orientations générales, qui au total consacrent l’identité du parti et définissent sa place spécifique dans le paysage politique.

De ce point de vue le MPA refuse d’emprunter les sentiers battus et de reproduire un discours convenu ; il ne veut être ni un simple parti de plus ni, encore moins, un parti de trop dans un environnement politique qui manque déjà dramatiquement de lisibilité. Il entend ouvrir une nouvelle voie et présenter une alternative réelle pour sortir du face-à-face indigent entre ceux qui prétendent que l’Algérie va bien et préconisent le statuquo et ceux qui refusent de voir la moindre réalisation et de reconnaître la moindre amélioration ou avancée. De même, il œuvre à la protection de la religion de toutes les manipulations et considère qu’en matière politique seule la démocratie est la solution !

Pour le MPA, Novembre 54 et la plate-forme de la Soummam, élaborée dans la foulée de la Guerre de libération nationale, sont les plus sérieux repères. Près de soixante ans après le Congrès de la Soummam et l’adoption de la plate-forme du même nom, qui a donné tout son sens à la révolution en esquissant les bases de l’Etat-nation moderne, la République démocratique et sociale reste une référence et une valeur sûre. Mais elle reste surtout un projet à concrétiser.

L’islam, qui est un bien commun, doit être protégé des manipulations sans lien avec la spiritualité mais qui ciblent des objectifs inavoués de prise de pouvoir. Les tenants de ces manipulations, puisant dans des lectures erronées et étrangères à l’islam de nos ancêtres, visent en particulier à restreindre des libertés chèrement acquises et à interdire l’accès à d’autres libertés que les Algériennes et les Algériens ne désespèrent pas d’acquérir.

Ils veulent aussi et surtout interdire à l’Algérie toute aspiration au développement et à la modernité.

En fait, si l’Islam a joué  un rôle de ciment depuis des siècles en Afrique du Nord et a contribué à assurer  la paix, la cohésion et l’harmonie dans nos sociétés, le fondamentalisme religieux, lui, sème la discorde et produit des conflits. L’Algérie en a fait l’amère et meurtrière expérience depuis le début des années 1990.

Notre identité nationale est victime, elle aussi, de manipulations similaires répondant à des choix idéologiques, au détriment des intérêts bien compris du pays et en violation des vérités historiques, sociologiques et culturelles. L’Algérie est algérienne, ni plus ni moins. La diversité culturelle et le plurilinguisme acquis du fait de l’histoire sont une richesse à préserver et dont il faut s’enorgueillir, et non une excroissance honteuse qu’il faut à tout prix mutiler.

Sur ce plan, le MPA se félicite de la consécration constitutionnelle de Tamazight comme langue nationale, initiative forte vécue comme un moment marquant de notre histoire, même si de grands efforts sont encore à consentir par les pouvoirs publics pour en assurer le développement et corriger, ainsi, un grave déni historique et culturel.

L’Algérie est à la fois une et plurielle ; elle est à la fois forte de son unité et riche de sa diversité. La conception fortement centralisée de l’Etat contredit cette réalité du pays et va même parfois à son encontre. Aussi le MPA œuvrera-t-il à ce que l’Etat se réforme profondément et s’oriente vers une véritable décentralisation en organisant des ensembles territoriaux dotés de larges prérogatives, dans l’inviolabilité bien comprise de l’unité nationale qui n’en sortirait que renforcée.

C’est une condition incontournable pour permettre le développement harmonieux de nos contrées et l’épanouissement de leurs habitants, qui pourront alors libérer leurs énergies créatives sans avoir à subir les pesanteurs bureaucratiques de l’Etat centralisé. Ils contribueront, ainsi, à l’essor de la nation dans son ensemble. C’est aussi l’une des conditions pour rapprocher le citoyen de son administration et pour rétablir un lien de confiance entre eux.

Une confusion volontairement entretenue entre Etat et pouvoir politique a été des plus dommageables au pays. Pourtant, autant l’Etat doit être pérenne et s’inscrire dans la continuité de ses missions au service de tous les citoyens, autant le pouvoir politique a vocation à se soumettre au jeu de l’alternance. Il s’agit de mettre un terme définitif à cette confusion dont ne peuvent s’accommoder ni la République ni la démocratie ni la modernité auxquelles aspirent les Algériennes et les Algériens. Pour ce faire, il n’existe pas de solution avérée en dehors de la démocratie et de sa pratique saine par l’organisation, notamment, d’élections transparentes à tous les niveaux de la représentation citoyenne.

Le monde change de plus en plus vite et connaît des mutations aussi rapides que profondes et, le plus souvent, irréversibles. Un pays qui ne se réforme pas dans un effort lucide et soutenu d’adaptation, un pays qui refuse le changement, est un pays qui régresse et qui risque de se retrouver sur le bord des chemins qui mènent à la modernité et au développement. A défaut d’être consensuels, ces changements, indispensables au demeurant, doivent être l’émanation d’une démarche démocratique.

La culture des putschs et des coups d’Etat appartient au siècle dernier, alors que celle des insurrections violentes aboutit trop souvent à des situations pires que celles qui les ont provoquées. Ni l’une ni l’autre ne peut recueillir l’assentiment du MPA et de ses militants. Le seul changement qui vaille est celui qui s’opère par les urnes. Aussi sommes-nous convaincus au MPA que seules les batailles non engagées sont perdues d’avance et avons-nous inscrit la participation aux élections, à toutes les élections, comme une partie intégrante et essentielle de notre action politique.

Le parti participera à chaque fois aux élections avec l’ambition assumée de contribuer à donner une majorité au courant républicain, démocrate et patriotique de ce pays. Pour cela, il ne cessera pas d’œuvrer au rassemblement de toutes les forces qui partagent avec lu l’idéal républicain de démocratie, de liberté(s) et de justice sociale. Rassemblées, ces forces sont indéniablement majoritaires dans le pays et peuvent déterminer les mutations en cours. C’est une conviction profonde et l’une des raisons principales qui motivent l’entreprise politique du MPA. Il s’agit d’y travailler avec abnégation et humilité, en tenant compte des erreurs passées, en évacuant les fausses certitudes à l’origine de beaucoup de désillusions et en se préparant au mieux à des compromis inévitables, hors des subjectivités, des guerres de leadership et des egos surdimensionnés.

Les patriotes républicains, c'est-à-dire les partenaires naturels dans cette œuvre de rassemblement salutaire pour le pays, sont aussi bien dans les partis dits de l’opposition démocratique que dans les partis du pouvoir, dans les institutions de l’Etat et, plus largement, dans diverses organisations et dans la société. C’est là le vaste champ à réinvestir ou à défricher pour que le rassemblement des patriotes républicains devienne une réalité sans laquelle la République, la Démocratie et la Modernité sont difficilement envisageables.

Cette république moderne, démocratique et sociale à laquelle œuvre le MPA sera fondée sur un socle de valeurs et de principes universels, parmi lesquels :

le caractère républicain, moderne, démocratique et social de l’Etat et l’inviolabilité de l’unité territoriale de la nation ;

la décentralisation de l’Etat et son organisation en ensembles territoriaux capables de concevoir et de réaliser leur développement dans un cadre unitaire en associant les citoyens, tous les citoyens, à l’effort et aux fruits de l’effort ;

la garantie, l’observation et la promotion des droits humains selon les standards universels en la matière ;

l’égalité des citoyennes et des citoyens en droits, en devoirs et devant la loi, principe consacré depuis toujours dans notre constitution mais contredit par des lois et des textes qu’il convient d’abroger. Pour sa part, le MPA s’engage à donner en son sein toute sa place à la femme en visant la parité, à chaque fois que possible, à tous les postes de responsabilité ;

l’indépendance de la Justice du pouvoir exécutif ;

l’autonomie du Parlement afin qu’il puisse exercer pleinement son double rôle de législateur et de contrôle de l’exécutif ;

la protection des minorités et la garantie de leurs droits, que ces minorités soient politiques, culturelles, religieuses ou linguistiques ;

la consécration des libertés individuelles et collectives universellement reconnues dans tous les Etats et les nations modernes.

On peut citer :

la liberté de culte et le droit inaliénable à la protection de la vie privée. La préservation de la religion des manipulations politiques et politiciennes est une condition fondamentale pour garantir cette liberté et assurer cette protection ;

la liberté de circuler et de manifester ;

la liberté d’entreprendre ;

la liberté de création et de diffusion de produits artistiques et culturels, matériels et immatériels ;

la liberté de s’organiser en partis politiques, en syndicats et en associations et de développer ses activités sans contraintes ;

la liberté de la presse écrite, électronique et audiovisuelle

Sans lesquelles il ne saurait y avoir ni République ni modernité ni, encore moins, démocratie.

De plus, cette république à  la construction de laquelle œuvre le MPA ne saurait voir le jour  sans :

une école républicaine accessible à tous et ouverte sur l’universalité, libérée des prisons idéologiques et consacrée exclusivement à la formation du citoyen de demain, dûment armé pour faire face aux défis d’un monde de plus en plus implacable ;

une politique volontariste, courageuse et ferme en direction des femmes ;

 un plan national au profit des jeunes pour les mettre à l’abri des nombreux fléaux qui les frappent et leur ouvrir de réelles perspectives de formation, d’apprentissage et d’emploi.

En matière d’économie, nulle approche ne serait crédible si elle ne tient pas compte du contexte induit par la mondialisation. Il ne s’agit ni de saluer cette mondialisation ni de s’y opposer car, avec ses avantages et ses travers, elle s’impose à tous ; il s’agit pour notre pays de l’aborder en mettant tous les atouts de son côté.

Pour ce faire, il faudra se débarrasser des vestiges de l’économie planifiée dont on connaît les aberrations en confiant l’acte de produire et de commercer au secteur privé. L’Etat pourra continuer à gérer certains services publics sensibles à l’image des chemins de fer et de la Poste, mais il doit surtout s’investir dans la réalisation d’infrastructures de bases. Il pourra ainsi mieux assurer ses fonctions régaliennes, jouer son rôle de régulateur et d’arbitre, garantir une redistribution des richesses plus équitables et organiser au mieux la solidarité nationale. Encore faut-il produire ces richesses et sortir de l’économie rentière fondée sur la seule exploitation des sous-sols.

Les effets de la mondialisation ne s’arrêtent pas à son impact sur l’économie et le commerce. Les enjeux géostratégiques ont également évolué, voire complètement changés par la chute du mur de Berlin, l’émergence de nouvelles puissances comme la Chine et l’Inde, la crise financière et économique mondiale et la perspective d’une prochaine crise énergétique.

La célérité avec laquelle la France, les Etats-Unis et la Grande Bretagne sont intervenus en Libye à travers les forces de l’Otan en découle au moins en partie. Aussi notre diplomatie et l’organisation de notre sécurité nationale doivent-elles s’adapter.

Tout en restant ouvert et en entretenant les meilleures relations possibles avec l’Europe et les Amériques, l’Algérie devra développer un nouvel axe avec le continent asiatique où émergent de nouvelles puissances. Avec les pays arabes il est nécessaire et urgent de démythifier nos relations en les fondants sur les seuls intérêts mutuels. Riverain de la Méditerranée et partie intégrante du continent africain, notre pays se doit de diriger son intérêt autant vers le nord que vers le sud. Il conviendra en particulier d’accélérer le processus de construction de l’Union nord-africaine, élargie à tous les pays frontaliers de l’Algérie, dont le Niger et le Mali. Une telle construction ferait du Sahara une « mer » intérieure et favoriserait à la fois une intégration économique régionale et l’amélioration de la sécurité nationale, tout en donnant à l’Union des atouts supplémentaires dans ses relations avec les autres grands ensembles de la planète, au bénéfice évident de tous ses membres.

Voici donc rappelés sommairement les grands principes et les principales orientations de la politique générale du MPA. On trouvera ci-après, exposée avec plus de détails, une vision globale du parti concernant les secteurs essentiels de la vie et de l’activité nationale répartis en quatre grands chapitres :

Réforme de l’Etat et bonne gouvernance ;

Politique socio-économique et environnement ;

Culture, éducation, formation et nouvelles technologies

Politique étrangère et sécurité  nationale.

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