III- Culture, éducation, formation et nouvelles technologie

Publié le par mpaalger

 1.      Culture

 

La promotion, la  production et la diffusion de la culture sont  au centre des préoccupations du MPA. La mise en œuvre d’une véritable politique en la matière s’impose. Elle devra  intégrer l’ensemble des éléments constitutifs de notre patrimoine historique, linguistique et civilisationnel. Pour ce faire,  la liberté de penser et de créer est le principe  de base sans lequel aucun rayonnement culturel n’est envisageable. Il s’agit de garantir l’accès à la culture pour tous et d’ encourager une production de qualité, financer les grands projets culturels, assouplir les procédures de réalisation d’infrastructures culturelles locales, stimuler l’éclosion des potentialités régionales, sauvegarder ou restaurer le patrimoine national et  développer les échanges  qui permettent une véritable ouverture sur la culture universelle. C’est au contact du reste du monde que  la culture nationale s’enrichit de ce qui se fait de mieux  et se fait connaître. C’est aussi l’ouverture et non l’enfermement qui permettra aux Algériens  d’entretenir un socle commun en matière de références esthétiques et intellectuelles. Pour y parvenir, le MPA préconise une grande réforme dans la formation, la réhabilitation des métiers  de l’art, l’ouverture de nouveaux espaces de création et de consommation culturels, la modernisation de l’outil de production et la généralisation de l’accès aux produits culturels. Pour cela, le MPA  projette une ambitieuse politique du livre comme outil de base  de l’accès à la culture. Il convient alors de réorganiser l’édition, réduire  les prix de production et d’acquisition du livre, protéger la propriété artistique et culturelle, multiplier les espaces de proximité et  définir les priorités dans l’importation en l’orientant vers les produits les plus utiles  par leur apport artistique et/ou scientifique. L’encouragement de la création par l’instauration d’une véritable industrie cinématographique, le développement des arts plastiques, du théâtre et de la musique sont autant d’axes de travail à investir. Pour y parvenir, il faudra bien sûr compter sur un effort volontariste de l’Etat, tout en recourant à d’autres sources de financement sans lesquels un rayonnement culturel digne des immenses potentialités du pays serait difficile à envisager.

Education et formation 

En matière d’éducation,  les conclusions les plus cruelles ont été faites ces dernières décennies sur l’école algérienne. Elle serait sinistrée,  elle serait le  laboratoire  de tous les échecs, elle serait pavlovienne…  Pour sa part, le MPA considère simplement que le résultat du système éducatif n’est pas brillant et que des changements de fonds doivent s’opérer. Il s’agira de rendre à l’école sa vocation première de lieu  désidéologisée où l’on acquiert le savoir et où on forme le citoyen de demain. Pour cela, une profonde  réforme du système éducatif s’impose.  Il faudra une école ouverte sur le monde, qui enseigne à nos enfants les valeurs humaines universelles, les technologies modernes, les langues vivantes, l’histoire et la géographie  pour mieux les préparer à la vie. Le MPA propose en la matière une totale refonte des programmes, une sensible amélioration des conditions de scolarité, l’adaptation des techniques d’enseignement aux normes  modernes,  l’élévation du niveau de formation des enseignants et l’amélioration de leurs conditions  de vie et de travail. L’école est un droit pour tous les enfants d’Algérie et l’Etat doit en garantir l’accès  dans des conditions et avec des mêmes moyens équitables. Il faudra pour cela réaliser des infrastructures scolaires dans  les régions les plus isolées et souffrant d’un déficit en la matière, encouragement les enseignants à y exercer par de meilleures conditions de vie et de travail, seul moyen d’éliminer ou du moins réduire le déséquilibre régional en matière de  formation et d’égalité des chances. Si l’éducation doit être garantie pour tous au sein de l’école publique, les écoles privées  peuvent en être le complément utile. En plus d’en stimuler le niveau, elles permettront d’alléger les charges  de l’Etat. En dégageant des économies, elles permettront à l’école publique d’améliorer ses performances par la réduction du nombre d’élèves dans les classes et de soutenir matériellement les enfants les plus démunis. Le développement du transport et des cantines scolaires est aussi un aspect du dispositif éducatif sans lequel l’école algérienne ne peut prétendre à un niveau de scolarité qui soit à la hauteur des enjeux de demain.  Laisser la liberté à ceux qui en ont les moyens de financer la scolarité de leurs enfants sur leurs deniers propres permettra ainsi à l’Etat d’investir une partie du budget de l’éducation public  dans l’amélioration de ses prestations. La création de pôles d’excellence est aussi une tendance  en plein essor chez les nations les plus développées et notre pays ne saurait en faire l’économie. Envisager le regroupement des élèves les plus doués  dans des établissements qui les préparent  à être l’élite de demain est une expérience  qui a fait ses preuves et à laquelle l’école algérienne ne saurait se soustraire. De même,  l’orientation sur la base de constats pédagogiques ou de la volonté de l’élève vers des formations courtes leur permettra de se préparer rapidement à la vie active.  Cela permet la réhabilitation d’un certain nombre de métiers nécessaires sur le marché de l’emploi et combler un réel déficit, tout en créant de véritables vocations impossibles à susciter quand la formation professionnelle est perçue comme un recours contraignant et synonyme d’échec. La formation professionnelle  doit être ainsi redéfinie comme un choix  consenti, étudié selon  les besoins du marché, les plans d’entreprises et les attentes en matière  d’emploi. Une formation qui intègre le savoir-faire moderne  et prépare à un vrai métier, une formation qui prépare à l’émancipation socioprofessionnelle et non des stages  qui consacrent l’échec scolaire et conduisent à la précarité.

L’éducation et la formation étant à la base de toute entreprise de développement et d’émancipation des nations, il va de soi que le MPA compte en faire une de ses priorités, sinon « sa » priorité. Bien sûr, les projets les plus importants appellent les propositions les plus pertinentes et les solutions les plus efficaces. Mais ils impliquent aussi la mobilisation de grands moyens nécessaires à leur concrétisation. C’est pour cela que le MPA suggère d’augmenter le budget de l’éducation nationale et d’en faire le premier dans les plans de développement du pays des prochaines années.

 Enseignement supérieur et recherche scientifique  

 
L’université et les Grandes écoles sont le lieu où se forment les élites des nations. C’est aussi le lieu privilégié de la recherche scientifique qui permet, à travers les sciences humaines, une meilleure compréhension et l’organisation d’un monde de plus en plus complexe et, grâce aux sciences exactes et aux sciences appliquées, l’innovation technique et technologique à la base du progrès humain. L’Algérie a consenti des efforts substantiels en matière d’infrastructures universitaires et le patrimoine du secteur est loin d’être négligeable. Il n’en demeure pas moins que la qualité des enseignements dispensés est faible et a même régressé, tandis que les diplômes délivrés par nos universités sont dépréciés. La recherche scientifique, pour sa part, est encore à ses balbutiements et se limite, très souvent, à la recherche-formation dans le cadre de la préparation de mémoires de fin d’études ou de thèses de post-graduation beaucoup plus rares. Une politique qui a favorisé artificiellement le taux de réussite au baccalauréat ces dernières années a explosé la demande en places pédagogiques dans l’enseignement supérieur. C’est pourquoi, sous la pression et pour parer au plus urgent, les responsables du secteur ont orienté leurs choix vers une formation de masse, au détriment de la qualité des enseignements et de la fiabilité des diplômes délivrés. C’est dans ce contexte, par exemple, qu’il y a une dizaine d’années, plusieurs instituts nationaux spécialisés par secteurs d’activité et formant des ingénieurs et des techniciens supérieurs d’une qualité appréciable ont été transférés à l’enseignement supérieur et fondus dans de nouvelles universités créées à la hâte. Certes, cela a permis de contenir la demande en places pédagogiques mais le niveau général de la formation s’en est ressenti. Ces instituts avaient, pour la plupart d’entre eux, les équipements et les atouts nécessaires pour être hissés, moyennant restructuration et quelques investissements, en particulier dans un corps enseignant de rang élevé, au statut de Grandes écoles pour constituer un pôle d’excellence.

Si l’effort d’investissement dans les infrastructures universitaires et de recherche doit se poursuivre, il reste qu’une nouvelle politique de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique doit être pensée et mise en œuvre. Elle devra tenir compte d’un certain nombre d’impératifs et d’objectifs :

 

intervenir en amont pour améliorer le niveau général de l’enseignement secondaire et réhabiliter baccalauréat dans sa valeur ;

redessiner la carte universitaire en fonction des besoins réels du pays et en tenant compte des filières d’avenir comme celles relatives à la Finance, aux techniques de la Gestionmoderne et au Management mais aussi aux métiers de l’eau, aux énergies nouvelles et aux nouvelles technologies de l’informatique et de la communication ;

instaurer des canaux fiables de communication, d’échange et de coopération avec les secteurs d’activités censés recevoir les futurs diplômés pour faciliter leur accueil dans le cadre des stages de formation, mais aussi pour adapter les programmes aux besoins réels des entreprises ;

garantir une formation de qualité aux enseignants et organiser l’échange et la coopération soutenue avec des universités étrangères réputées de haut rang. De ce point de vue, la réhabilitation de l’année sabbatique au profit des professeurs est souhaitable afin de leur permettre d’actualiser et de parfaire leurs connaissances dans de grandes universités et centres de recherche dans le monde ;

mettre à contribution les nombreux universitaires algériens qui dispensent leur savoir dans des universités et centres de recherche étrangers en leur proposant des contrats attractifs et des conditions d’intervention idoines ;

ouvrir largement l’université algérienne aux étudiants du Sahel et des autres pays africains dans un souci de rayonnement et conformément à la stratégie nécessaire de diversification des efforts diplomatiques et de coopération ;

renforcer les moyens humains et matériels dans la post-graduation et faire appel à la coopération internationale pour garantir la qualité des travaux et la fiabilité des diplômes. A ce propos, les critères et les mécanismes d’accès à la post-graduation doivent être reconsidérés pour ne tenir compte que du profil et des aptitudes réelles des candidats. En tout état de cause il faut rompre avec les concours alibi dont les résultats sont connus avant même que les examens n’aient lieu ;

en plus de la recherche-formation qu’il s’agit impérativement d’améliorer, créer des centres spécialisés orientés vers la recherche-industrie et la recherche appliquée en étroite coopération avec le secteur productif.

Nouvelles technologies de l’information et de la communication

Le monde a connu au cours de ces dernières décennies une transformation technologique d’une telle ampleur que certains n’hésitent pas à parler de mutation scientifique. Les nouvelles technologies de l’information et de la communication sont aujourd’hui au cœur de toute l’activité humaine. Elles sont tellement omniprésentes dans les secteurs de la vie que leur niveau de maîtrise et  d’intégration détermine dans une large mesure le niveau de développement d’une société. Le MPA, qui fait de la modernité son crédo, considère  naturellement les nouvelles technologies de l’information et de la communication une priorité  et un atout. Cela est  d’autant plus justifié que le retard accusé en la matière est à combler impérativement. Le constat est en effet là : l’Algérie a encore une fois raté  le virage de l’intégration, du développement et de la généralisation d’un outil indispensable à tout projet  humain.  Non seulement l’Algérie est en retard mais elle est en deçà du niveau de maîtrise et de généralisation de ces technologies acquis par des pays aux potentialités moindres.  Ainsi l’essentiel de la part du PIB que détiennent les TIC dans notre pays relèvent essentiellement de la téléphonie mobile, un segment qui n’est pas le meilleur indicateur économique et technologique de développement.  Aussi nous proposons une politique volontariste en la matière, un plan de développement global qui comprenne aussi bien l’équipement, la formation, l’intégration et la généralisation de ces nouvelles technologies dans tous les espaces de la vie dans le pays. Il faut que les algériens découvrent ces technologies à un âge précoce et donc les généraliser dans les premiers paliers de leur scolarité. Il faut qu’elles fassent partie de leur quotidien, ils ont donc besoin que tous les espaces de leur évolution en soient équipés. Il faut que les TIC contribuent à l’amélioration du  bien-être des Algériens, les administrations publiques et les infrastructures sociales doivent les utiliser systématiquement. Il faut que les entreprises en fassent  l’outil de leur efficacité, elles doivent les intégrer dans tous leurs plans, avec les machines et les hommes les plus performants. Il faut des hommes de haut niveau dans le domaine et l’Algérie doit se donner les moyens de mobiliser toutes  ses compétences, y compris celles établies à l’étranger avec qui il faut trouver les formules les plus efficaces et les moins contraignantes de collaboration. En plus des formations de base, le MPA suggère un plan de formation de haut niveau qui intègre la recherche dans le domaine. C’est ainsi que le pays atteindra à terme un niveau de maîtrise et d’utilisation des TIC qui lui permettra de se situer dans son temps et d’envisager son développement avec les moyens les plus modernes, les plus performants et donc les plus efficaces. 

Publié dans Programmes

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